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Art Rotterdam 2016: Charlie Jeffery, « The Office of Imaginary Landscape »
February 11 — February 14, 2016
Photo © We Document Art
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FR

The Office of Imaginary Landscape est un projet protéiforme et au long cours, dont l’artiste a déjà produit plusieurs versions par le passé. Environnement évolutif, pensé comme un terrain d’expérimentation, ce « bureau du paysage imaginaire » tire en partie son titre d’une série de pièces musicales de John Cage composées entre 1939 et 1952, intitulées Imaginary Landscapes, dans lesquelles la matière sonore est donnée par divers ensembles d’objets et d’instruments (douze postes de radio et vingt-quatre performeurs, par exemple, pour Imaginary Landscape n°4). Ici, le son est en quelque sorte remplacé par la boue qui joue le rôle de matière fertile tout autant que d’élément perturbateur et dont la puissance évocatrice contribue à projeter le visiteur dans d’autres espaces imaginaires. L’artiste propose l’ensemble comme une organisation bureaucratique, continuellement occupée, spécialisée dans la production de paysages imaginaires. 

D’un environnement familier et standardisé naît un paysage en mutation, colonisé par une vie sauvage et incontrôlée. Comme si elles retournaient à l’état de nature, les pièces de Charlie Jeffery y subissent l’invasion de la boue et la croissance, semble-t-il inexorable, de plantes qui poussent à travers chaises, bureaux et tas de terre. De cette expansion générale émerge une notion qui prend sa source dans les profondeurs du travail de l’artiste : celle du doute. Rédigé pour l’occasion sous la forme d’un Manifeste, le doute est ce principe créateur qui repose sur une ambiguïté savamment entretenue entre œuvres achevées et formes transitoires, matières premières ou de rebut, espace d’exposition et univers de l’atelier. De l’héritage de l’avant-garde d’après-guerre dont fait partie John Cage, on retrouve chez Charlie Jeffery la tension qui traverse ses œuvres entre le contrôle (une volonté de se fixer des protocoles et des règles strictes), et la possibilité de laisser évoluer de façon organique un travail qui est toujours en mouvement.


EN

The Office of Imaginary Landscape is a long-term and protean project—several versions of which have been produced by the artist in the past. Forming an evolving environment designed as a testing ground, this “office of imaginary landscape” takes its title in part from a series of musical pieces composed between 1939 and 1952 by John Cage, entitled Imaginary Landscapes, in which the sound material is made with various ensembles of objects and instruments (for example twelve radio sets and twenty-four performers in Imaginary Landscape n° 4). Here, we may consider that sound is replaced by mud, serving both as a fertile material and as a disruptive element with an evocative power that contributes in thrusting the visitor into other imaginary spaces. The artist shows this ensemble of works as a constantly busy bureaucratic organisation, specialised in the production of imaginary landscapes.

Within a familiar and standardised environment appears a changing landscape, colonised by wild and uncontrolled life. As if they had returned to a state of nature, Charlie Jeffery’s works endure the invasion of mud and a seemingly relentless growth of plants through chairs, desks and heaps of soil. Rooted in the depths of the artist’s work, the concept of doubt emerges from this general expansion. Built for the occasion as a manifesto, doubt is a creative principle based on a skillfully maintained ambiguity between completed works and transitional forms, raw materials or waste, the exhibition space and the workshop environment. Reminiscent of the postwar avant-garde—which includes John Cage—, the tension that runs through Charlie Jeffery’s works oscillates between control (a desire to set protocols and strict rules) and the possibility of letting an artwork evolve organically towards possible forms that are always in moving.