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Décollages – Volet 1
January 17 — February 9, 2012
Photo © Aurélien Mole
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FR

Décollages – une série d’expositions sur le collage sans collages. L’enjeu du projet n’étant pas la technique en elle-même mais bien plutôt la manière dont des artistes aujourd’hui assimilent des références hétéroclites, empruntent des formes préexistantes et les assemblent à l’intérieur d’un même espace. Alors que depuis de nombreuses années, les modes de fabrication et de circulation des objets et des images (dont la multiplication des supports numériques a largement contribué à redéfinir les contours) ont laissé place au doute, à l’incertitude quant à leur nature et leur véracité, les artistes réunis autour de ce projet, participent, à leur tour, à cette migration, tant sémantique que physique, des formes contemporaines. Selon les différents modes de juxtaposition et de recouvrement, des glissements s’opèrent, et des fragments apparaissent, ouvrant ainsi un nouvel espace de représentation. 

Décollages -Volet 1 
Au début du collage, qui associe, dans un même temps et un même espace, des éléments hétérogènes, il y a un déplacement. Un déplacement qui va introduire des perturbations, nécessiter des adaptations. À l’image de La Afham, le néon de Fayçal Baghriche, fabriqué à bas prix en Chine par des ouvriers, qui ignorant le sens de la phrase à reproduire (« je ne comprends pas » en français), en livrent une interprétation approximative, transformant l’énoncé initial en pur signe graphique.
La nature tautologique de cette pièce repose alors sur un collage parfait entre le fond et la forme. La forme est le fond et la fond est la forme. Et c’est probablement cette coïncidence entre la forme et le concept qui singularise la démarche des trois artistes de ce volet. En déplaçant les images de leur contexte initial, ils les déchargent de leur sens premier. Les tableaux géométriques pops de Matthieu Clainchard ou la maquette minimaliste de Cyril Verde, pour ne citer que ces deux exemples, ne sont pas de simples motifs décoratifs – comme en attestent leurs titres, Paper work document 7 – Abdo fessiers pour le premier, issu d’un planning d’un centre de gymnastique, et Lecture, pour le second, interprétation d’un classique du Marquis de Sade (Les Cent Vingt Journées de Sodome). 
Émancipées des soucis de hiérarchisation entre culture savante et culture populaire, des divisions entre abstraction et figuration, les œuvres réunies ici résistent à toute identification complète. Le doute est permis et même recommandé. C’est d’ailleurs non sans un certain humour, que les artistes revendiquent cette ambivalence, libérée des pesanteurs académiques.

Solenn Morel

EN

Décollages – a series of exhibitions about collages … but without the collages ! The issue at stake in this project is not the techniques used as such, but much more the way in which artists today bring together miscellaneous references, borrowing pre-existing shapes and assembling them inside a same space. These past years have seen  ways of producing, creating and moving objects and images around (to which the multiplication of digital supports has largely contributed to redefining or blurring the contours), that have given rise to doubt and incertitude as to the nature and veracity of these same objects and images. The artists gathered around this project are participating in this both semantic and physical migration of contemporary shapes. Depending on how they are positioned, what they are covered with, shifting occurs, and fragments appear, opening up a whole new space of representation.

Décollages – Section 1
At the beginning of the collage, which brings together in a same space and time miscellaneous elements, there is a displacement, and this displacement will create disturbance, necessitate adaptation. A good example of this can be found in Fayçal Baghriche’s neon work, La Afham, made, at low cost, in China, by workers who were in total ignorance as to the meaning of the phrase they were being asked to reproduce : “je ne comprends pas” (I don’t understand), in French. The result is a rough interpretation, thus transforming the initial wording into a purely graphic sign.
The tautological nature of this work depends entirely on the perfect collage (merging) of shape and substance. The shape is the substance, and the substance the shape. And it is probably this concurrence between the shape and the concept that renders the approach of the three artists in this section so special. By shifting images away from their initial context, they are emptied of their original meaning. Matthieu Clainchard’s geometrical “pops” works or the minimalist model by Cyril Verde, to name but two, are not simple decorative patterns – as attested to by their titles: Paper work document 7 – Abdo fessiers (Belly and butt workout) for the first, created from a fitness centre programme, and Lecture (Reading), for the second, an interpretation of a Marquis de Sade classic, Les Cent Vingt Journées de Sodome (The One hundred and Twenty Days of Sodome).
Liberated from any need to respect a hierarchy between academic and popular culture, or divisions between abstract and figurative work, the pieces brought together here resist any formal identification and interpretation. Doubt is of the essence. In fact it is with a touch of humour that the artists take full responsibility for this ambivalence, freed up from any form of academic inertia.

Solenn Morel