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Décollages – Volet 2
February 14 — March 8, 2012
Photo © Aurélien Mole
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Décollages - Volet 2


Le collage s’entrevoit dans ce deuxième volet à travers son négatif, le décollage. C’est d’ailleurs sous le signe de l’ambivalence que se joue cette nouvelle exposition. Comme si une chose ne s’appréhendait jamais aussi bien que par son contraire. Comme si le collage ne pouvait finalement se révéler qu’à partir du moment où ses différents composants assemblés les uns aux autres commençaient à se détacher et devenir  fragments. Mais le sont-ils vraiment ? Ce qui apparaît comme une chaussure dans le tableau de Benjamin Swaim, a t-elle toujours été ainsi, isolée, ou bien n’est-elle que la trace visible d’un ensemble plus important dissimulé sous le noir opaque envahissant la toile ? Quelle place vacante laisse "Figure à trou (Roy)" de Julien Pastor et comment occupe t-elle son nouvel espace ? Les barres métalliques de John Cornu pourraient-elles encore se multiplier ? Enfin, que dissimulent et révèlent les affiches pliées et perforées de Christophe Lemaitre? 
Il y a dans ces pièces, aussi différentes soient-elles, un caractère irrésolu qui les maintiendrait dans une suspension dynamique. À la fois tout et fragment, elles se réalisent dans l’hypothèse – toujours en devenir et jamais résolue. Telle la recherche paradoxale du narrateur du roman d’Henry James, "L’image dans le tapis", que le critique littéraire Tzvetan Todorov a synthétisé en ces mots, « La quête du secret ne doit jamais se terminer car elle constitue le secret lui-même. »

Artistes : John Cornu, Christophe Lemaitre, Julien Pastor, Benjamin Swaim

 

Solenn Morel

EN

Décollages – Section 2
If collage means “sticking on “, then this second section deals with its contrary, the negative side even, namely “ lifting off “. Ambivalence here is the name of the game – as if nothing is better learnt than through its contrary. As if a collage only truly reveals itself when its different components, assembled the one against the other, start falling off, becoming fragments. But are they really fragments? 
What appears to be a simple shoe in Benjamin Swaim’s painting, is it just that … an isolated shoe, or is this shoe simply the visible trace of a larger picture hidden behind the invading darkness of the rest of the canvas? What empty place is left by Figure à trous (Roy) [Figure with holes] by Julien Pastor, and how does the empty place fill this new space? Where do John Cornu’s apparently burnt wooden sticks come from? What, together, do they create? And last but not least, what do the folded and perforated posters of Christophe Lemaitre hide and yet reveal at the same time?
In all these works of art, however different they may be individually, there is something of the unresolved, holding them in a state of suspension forever. Both whole and a fragment, their true identity is revealed through hypothesis – always “in progress” rather than “finished”, an unresolved process. This reflection is a mirror of the paradoxical thinking of Henry James’ narrator in The Figure in the Carpet. Literary critic Tzvetan Todorov put this well when he wrote: “The quest for secret is never-ending because the quest is the secret”.

Solenn Morel