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Fictions
April 8 — May 6, 2006
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Sur fond noir et sol noir, des personnages habillés en noir se livrent à des actions collectives dont le sens nous échappe. Inquiétantes, énigmatiques ou absurdes comme un rêve, les scènes ne semblent pourtant pas étonner ceux qui les interprètent : ils gardent, quelle que soit la situation, un sérieux cérémonial. Les modèles sont de tous âges. L’harmonie noire des vêtements sobres efface les signes sociaux. Difficile d’identifier le lieu (studio noir), ou l’époque (pas d’indices temporels, usage de l’argentique noir et blanc). À l’issue de ces neutralisations, reste le potentiel fantasmatique du hors champ narratif : quelque chose qui précède ou suit le moment de l’action, et dont on ne voit qu’un fragment. Une pièce du puzzle est donnée, il faut reconstituer ce qui manque. Un photogramme du film, plutôt que son scenario. Une phrase de l’histoire, plutôt que le roman. 
À la différence de ses travaux antérieurs, qui s’inspiraient de codes visuels établis (Rugby, Pornographie, Actualités), Edouard Levé a conçu ces tableaux vivants en les dessinant d’imagination, sans se référer à un univers sémiologique préexistant. Le sens fuit à mesure que l’on s’en approche. Aucune solution n’est donnée à ces rébus.