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James Lee Byars
June 8 — July 28, 2019

James Lee Byars
commissariat : Jan van der Donk
… non seulement quoi et comment, mais aussi avec et sur quoi vous écrivezCette exposition réunit des écrits et des objets datant de 1974, année de la résidence de Byars au DAAD à Berlin (Deutscher Akademischer Austausch Dienst)*.

Une partie des œuvres présentées dans cette exposition a été donnée par James Lee Byars à son ami Dieter Hacker . Une autre partie est composée de textes adressés au DAAD ou directement à Thomas Deecke**, assistant de Karl Ruhrberg, directeur du DAAD.

James Lee Byars était un écrivain compulsif de lettres, textes, missives, aphorismes, etc. Le premier défi à relever pour entrer dans son monde est de déchiffrer son écriture, ses nombreuses abréviations, son « five point star writing » et les notes qu’il utilise fréquemment. La lecture n’est pas facilitée non plus par le fait qu’il écrivait avec des crayons noirs ou de couleur – de préférence dorés – sur du papier doré ou de soie noir.

Cette collection d’écrits est un archive, une plateforme avec de nombreuses interconnexions dans le temps et dans l’espace. Il faudrait des années d’étude pour démêler ce nœud.

Cependant, son séjour à Berlin a été important, c’est là où il a commencé à développer l’un de ses projets les plus ambitieux: «The Golden Tower». Il écrit à ce propos dans plusieurs «pièces-rouleaux»:

« my project is so simple in structure that a word sketch seems best (in reality – interpretation complex.) I’d like to construct a gold cylinder 15-20 meters high as a sculpture tower of a slim diameter of a 100 c.m.’s enough to be to be supported only by a ground(sic jvdd) foundation (no cables) small holes (“6” approx.. 15 cm jvdd) starting above the public reach on one side only would permit a rare celebratory climb and even add a faint musical element mostly a great beam of reichgold (sic) on the steinplatz would be hopefully an inspiring symbol (perhaps even accepted as a tribute to the insightfulness of DAAD.) eagerly hoping your approval
james lee byars »

et devient encore plus explicite dans une lettre à Thomas Deecke:

« come on DAAD do someth. for wunder me. Lets put up the golden tower as a wunder german wunder amor gift to venice ».

Le papier est le médium préféré de Byars depuis qu’il vécut au Japon entre la fin des années cinquante et le début des années soixante. Papiers de soie, crêpes et tous types de papier fins, ainsi que les feuilles d’or, les feuilles de papier dorées sont utilisés pour créer des «sculptures en papier» ou pour écrire. Ils sont de couleur noir, or, rouge, rose, et blanc en forme de cercles, «serpents», stèles, rouleaux, bandes horizontales ou verticales.

Le langage et la communication par le langage sont au cœur du travail de James Lee Byars. En décryptant ces œuvres, ce n’est pas tant la production de sens qui m’a fasciné, mais l’aspect physique de l’écriture, la manière dont Byars nous confronte avec l’acte et les matériaux de l’écriture.

J’ai commencé à imaginer sa posture en train d’écrire des rouleaux de 10 mètres de long et 30 centimètres de large.

En aplatissant une des œuvres, un petit cercle de papier de soie noir, sur laquelle il a écrit «Mr. Joseph Beuys participera à la documenta 8 », j’avais l’impression de caresser le papier.

Sur une autre œuvre, une feuille noire carrée de 53 cm, il a écrit : «every time you fold a piece of paper think of me » (chaque fois que tu plies une feuille de papier, pense à moi).

Certaines pièces présentent de petites restaurations faites par Byars lui-même.
En écrivant sur une autre bande de papier de soie noire, il a percé le papier à quelques endroits. Autour de ces trous minuscules, il a écrit «Sorry, Sorry» et autour d’un plus grand trou «Sorry, Sorry, Sorry»

Nous ne saurons jamais si Byars s’est excusé auprès du lecteur ou du papier sur lequel il écrivait…

texte de Jan van der Donk
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* Office allemand d’échanges universitaires
** La plupart des œuvres ont déjà été exposées à la Galerie Volker Diehl à Berlin en 2014. Un catalogue a été publié à cette occasion avec un texte de Mark Gisbourne.