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Ronde Sable
September 7 — September 21, 2013
Photo © Aurélien Mole
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FR

Comme une alternative à la prédominante théorie institutionnelle de l’époque (nous sommes à la fin des années 70), le philosophe Jerrold Levinson proposa de parler de ‘contexte génétique’ pour définir ce que sont les oeuvres d’art. Froidement, la ‘parenté’ chronologique entre les objets d’art délimiterait leur domaine d’existence : ce qui définit un objet comme une oeuvre d’art, c’est sa ‘ressemblance’ avec des objets déjà considérés comme tels (plus précisément : la similarité avec laquelle notre regard se pose sur ces objets pour les apprécier) et qui le précèdent dans un grand récit composant l’histoire de l’art. Le rôle d’une exposition pourrait être alors d’expérimenter et esquisser de nouvelles ‘hérédités’ ; pas tant de façon linéaire et prévisible (comme le suppose l’entame de ce communiqué), mais peut-être plutôt par l’entretien de relations symbiotiques entre des objets complémentaires et synchroniques.

‘Ronde sable’ n’est pas une exposition en duo mais développe à partir d’oeuvres individuelles un tissu de relations entre des images et des objets, co-existants parfois par nécessité ou procédant par causalité. Qu’il s’agisse de défaire le pliage de l’un, ou de poncer la peinture d’un cadre de l’autre, les gestes et les oeuvres réalisées par Aurélien Mole et Christophe Lemaitre prolongent, corrigent et bégayent empiriquement leurs sources. L’exposition cultive alors le champs d’une arborescence en développement, où des sculptures de papiers peints sont mises en rotation, où deux oeuvres se décident à occuper le même cadre, et où des noeuds de ficelle à usage domestique, laissés en suspens par la mort de leur auteur, sont réinvestis par la photographie.


EN

As an alternative to the prevailing institutional theory of the time (situating ourselves in the late 70s), the philosopher Jerrold Levinson proposes the idea of ‘generative context’ in order to define what makes a work of art. Coldly, the chronological relationship between art objects circumscribes their domain of existence: what defines an object as work of art is its resemblance with objects already considered as such, or more precisely the similarity with those objects we look at in order to appreciate. These objects precede the artwork in a long narrative constituting art history. The role of an exhibition might be then to experiment with and draw out new heredity, not so much in a predictable and linear manner (as the opening of this press release might suggest), but rather by constructing symbiotic relationships between complementary and synchronous objects.

‘Ronde sable’ is not a dual exhibition but from individual works develops a web of relationships between images and objects, at times co-existing through necessity and otherwise proceeding by causality. Whether it’s undoing the folding of one, or sanding the frame’s paint of another, the gestures and works realised by Aurélien Mole and Christophe Lemaitre prolong, correct and empirically confuse their sources. The exhibition accordingly provides the conditions for a relational tree-graph in progress, where painted paper sculptures are placed in rotation, where two works chose to occupy the same frame, and where knots made from household string, left suspended by the death of their creator, are reprised by photography.