Lancement, exposition et lectures / launch, exhibition and lectures SLANT n°1 to be the receiver and the maker all at once
November 16, 2024

Lectures
Adrien Lafille, Anouk Buron, Jean-Baptiste Burguet, Hugo Hectus, Marie Ward Acouri, Linda Eckardt, Théo Robine Langlois et Léa Guillon

Exposition
Sidonie Ronfard, Hugo Hectus, Laura Bartier, Clément Clausse, Charles Guilhembet, Luna Duchaufour-Lawrance, Silvana Mc Nulty, Ayame Uchima, Joanna Maroko, Camille Riou, Gaëtan Bas Lorant, Vera Prego, Marie Ward Acouri, João Delfim, Fabio Deronzier, César Debargue et Camille Morin

SLANT n°1
Slant Éditions, Paris, 2024
240 pages, impression en risographie 4 couleurs, reliure cousue main, 20 x 25,5cm, 200 exemplaires

Prix : 35 €

Lancement de la première parution de Slant Éditions, un recueil des contributions des 40 jeunes artistes, auteur·e·s et poètes ayant répondu à l’appel du projet de mail art du même nom. Du mois d’octobre 2023 au mois de juin 2024 et toutes les deux semaines, était envoyé par mail un fragment de poésie, de littérature ou bien des images, comme suggestion d’un thème. Les participations étaient libres et l’ouvrage regroupe presque toutes les contributions reçues. Les quelques thèmes évoqués étaient par exemple, la vérité, l’amour, le surgissement, la mère, la conspiration, les fleurs, l’enfance, l’égarement, la responsabilité, l’amitié, le rayonnement etc.
Slant vient du premier fragment envoyé le mercredi 11 octobre 2023, un collage autour du poème Tell the truth d’Emily Dickinson, évoquant le fait de dire la vérité, mais toujours d’un pas de côté, «au second degré». Par-delà l’intuition première et poétique, il s’agirait de contraindre l’isolement aride car une pensée n’est jamais seule. Elle s’éclaire justement au second degré. Une continue pesée la fixe. C’est l’esthétique de la relation et «la leçon du partage des eaux». Edouard Glissant appelle de ses vœux à «transmuer la solitude réfléchissante en inflexion partagée» et énonce que la poésie est «recherche convulsive vers une ‘ombre de soi qui en soi fait des signes d’amitié’».

C’est au feu du divers et à la relation impure que Slant suggère de s’accommoder. Lourd ou bien riche de références cachées, c’est un projet de recherche poétique, ou si l’on veut une poétique en recherche de référence. La poésie est lieu toujours ouvert, où l’on ne saurait conclure. C’est peut-être notre zone commune, du dehors et de l’autre. Son sous-titre to be the receiver and the maker all at once énonce cette volonté d’être en réception continuante. Pour élargir l’instant poétique, créer une boucle, recevoir pour donner, lire pour écrire, écrire et puis lire. Double travail, travail de seconde main. Pensée jamais seule, en re-co-naissance ou en correspondance.

«Sempre si fa il Mare maggiore.»
Et toujours la mer, plus vaste encore.

Slant est initié par Léa Guillon.